L’édito n°2 : revenge of the soap

Il y a quelques jours, j’ai reçu le n°1184 de Entertainment Weekly, un bon mois après nos amis américains. Rien d’anormal puisque depuis que je me suis abonné la première fois il y a un peu plus de trois ans, je reçois toujours le magazine avec plusieurs semaines de décalage. Ce n’est pas que ça me dérange tant que cela, car j’ai toujours du retard dans mes lectures (livres ou presse mag), mais je commence à me demander si je vais encore débourser -le mois prochain- les 138 dollars annuels (environ 107 euros) pour profiter des superbes previews et autres dossiers alléchants sur la pop culture US proposé par le canard. La crise, toujours la crise ! Faut dire que je dois bientôt faire des frais pour renouveler ma literie (à ce sujet, bien que les rêves de flirt avec Zoey Deutch n’ont rien de désagréables, j’ignore s’il y un lien avec les ressorts épuisés du matelas…).

Si j’évoque ce n° de EW en particulier, c’est parce qu’un article a particulièrement retenu mon attention (outre la très bonne interview de Spielberg), celui signé Stephen King -un invité récurrent du magazine- sur ses 20 éléments de pop culture favoris en 2011. On ne peut pas dire que je sois spécialement fan de l’auteur, car je n’ai jamais lu aucun de ses bouquins -mais comme beaucoup de monde, j’ai pu apprécié les adaptations ciné et télé de ses oeuvres-, cela dit, je possède quelques goûts en commun avec le bonhomme : Adèle (oui la chanteuse, pas la vieille tante), The Walking Dead, la série britannique The Hour (que je recommande fortement), le film The Lincoln Lawyer, Breaking Bad… et Revenge ! Eh oui, Revenge, le prime time soap lancé -avec succès !- par ABC cet automne.

Revenge, c’est le grand retour du prime time soap adulte pur et dur qui s’assume. Avec la série signée Mike Kelley (créateur également de la très sympathique Swingtown), on nous sert sur un plateau tous les bons ingrédients des feuilletons à l’ancienne (Dallas, Dynastie, etc.) -dont les fameuses envolées de violons pour boucler les scènes pré-coupures pubs- mis au goût du jour (cf. l’utilisation abondante des nouvelles technologies). Ici, pas question de détourner les codes pour s’en moquer comme dans Newport Beach ou de jouer la carte humoristique à l’instar de Desperate Housewives, on renoue avec le premier degré des regards aux yeux revolver d’Alexis -Joan Collins- Carrington Colby.

A l’origine, soyons honnêtes, on ne misait pas un kopeck sur ce pitch de grosse vengeance qui ressemblait davantage à celui d’une “série d’été” vite consommée vite oubliée. D’ailleurs, le pilote n’est pas des plus encourageant, ne parvenant pas réellement à nous donner envie de nous soucier de l’avenir des personnages. Et puis, s’accrochant, au fil des épisodes, on se prend au jeu et aux jeux, celui proposé par les auteurs et ceux maniés par les personnages : au rayon des manipulations et diverses magouilles, Emily Thorne (Emily VanCamp, toujours aussi attachante depuis Everwood) et Victoria Grayson (Madeleine Stowe) ne manquent pas d’arguments, retombent toujours sur leurs pattes telles des félines et nul doute qu’on attend avec impatience le moment où elles s’apprêteront à planter leurs griffes dans le dos l’une de l’autre.

Bon, ok, Revenge, ce n’est pas Mad Men ni Sur Ecoute, ce n’est pas de la “série intelligente”, c’est un pur guilty pleasure, mais lorsque celui-ci est exécuté -plus ou moins- avec maestria, on ne peut que savourer et applaudir.

C’est bientôt la fin du monde ? Ca tombe bien ! Dans mon cas personnel, la boucle sera bouclée, puisque les premières séries que j’ai suivies au cours de mon enfance étaient des “soaps du soir”, les Dallas, Dynastie, The Colbys et Côte Ouest (et même le pas terrible Flamingo Road avec Mark Harmon). Cela dit, n’allons pas trop vite, après 11 petits épisodes, il serait légèrement incongru de placer Revenge au même niveau que les séries précitées. La production d’ABC a encore besoin de s’affirmer : ce qu’on peut reprocher principalement à celle-ci, c’est de ne pas encore se lâcher totalement. Car ce qui fait aussi le sel d’un prime time soap, c’est son côté “over the top”, et dans ce domaine, Revenge a encore des progrès à faire. On attend encore un coup similaire à celui de la peinture toxique du bureau de Jeff dans Dynastie ! Par ailleurs, si quatre personnages parviennent à sortir du lot (Emily, Victoria, Nolan, Tyler), on attend davantage des autres ou on attend tout simplement d’autres nouvelles têtes qui viendront ajouter du piment à la recette. Peut-être que ce sera le cas avec William Devane, l’ancien interprète de Gregory Sumner dans Côte Ouest (tiens, tiens !), qui débarquera dans quelques semaines dans Les Hamptons…

Nick

Visuel : Emily VanCamp et Gabriel Mann dans Revenge/ABC Studios.

Catégories :critiques, divers

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4 réponses

  1. Comment as-tu fais pour t’abonner à Entertainment Weekly ? J’avais déjà tenter, sans succès. Très bon article au passage. 🙂

  2. Tout d’abord félicitations!
    Tu tiens ta promesse avec ton deuxième édito..!

    J’avoue que Revenge excelle dans le genre soap, même si je partage ton avis sur le fait qu’elle ne se soit pas encore complètement lâchée.
    En revanche, j’avais adoré le pilote: l’orchestration de la première vengeance d’Emily était tellement savoureuse…
    La série évolue bien à travers sa palette de personnages très bien travaillée.
    Et moi qui pensais que la série serait annulée rapidement en étant diffusée le mercredi soir…
    ABC a fait une bonne opération.

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